mardi 24 novembre 2009

Entre sel et ciel

Passee la frontiere entre l'Argentine et la Bolivie, la voie qui mene a Uyuni est directe et bien balisee. D'abord la grande rue marchande avec des tissus, vetements, materiel electronique, grandes bassines de feuilles de coca a macher... Tout est moins cher en Bolivie. Sur le chemin de la gare de Villazon (prononcer Vichassonne), nous voyons de nombreux graphes de soutien a Evo Morales, le president (indien, le premier de l'histoire bolivienne) qui espere etre reelu en decembre, avec un slogan magnifique : "Evo de nuevo". L'attente du train est conviviale, partageant le mate, la guitare et la flute de pan. 10h de voyage nous menent a Uyuni, trajet en 3eme classe, malgre les conseils du guichetier et des militaires a ses cotes. Nous avons ete un peu seuls jusqu'a Tupiza, puis wagon bonde de boliviens pur fruit, notament les grand-meres a chapeau melon et des militaires qui dorment les uns sur les autres.

A Uyuni, nous nous offrons (merci Geogeo, merci Cathy) un trajet de 4 jours en Jeep, ou plutot en Toyota Land Cruiser. Nos premiers compagnons sont deux hollandaises et trois japonais. Le chauffeur-guide nous conduit d'abord a la sortie de la ville, a un cimetiere de trains. Lieu surrealiste, peuple de trains a moitie enterres et desosses, et de touristes qui grimpent de partout se prendre en photo. Puis nous nous elancons vers le Salar a proprement parler. Il s'agit d'une immense etendue de sel, disons 100km diametre, desesperement plate et blanche. Sur la photo, un japonais donne l'echelle pour que ca paraisse encore plus grand ! Plus tard, j'aurai l'occasion d'aller y courir et faire du karate : le reve, on se croirait dans la salle de l'esprit et du temps de Dragon Ball Z. En plus, a 3900m d'altitude, l'air est assez rare. Nous passons la nuit au pied du volcan Tunupa, admirant un couche de soleil extralucinatoirant de la mort qui tue, entoures de lamas et de flamants roses !

Le lendemain matin, leves a 4h30 avec du Tai Chi, puis petit dejeuner avant l'ascension du volcan. Il trone a 5400m d'altitude, mais nous n'irons qu'au bas du cratere, a 5000m, apres 4h d'ascension difficile. Certes, les animaux furent avec nous et nous vimes lezards, serpent et aigle a nos cotes, et meme de jolies petites bestioles appellees vizcachas, sorte de lapin a longue queue, qui ne manquent pas de rappeller les abominables lievres des neiges de One Piece, en plus petit heureusement.
Certes, le paysage est somptueux, avec des champs de fleurs violettes, la vue du Salar et ses iles sur une mer de sel, et surtout Tunupa lui-meme et ses pentes multicolores. Il n'empeche que nous sommes tres haut et que l'ascension est tres eprouvante du fait du manque d'air. Par deux fois, Magali frise l'hypoglycemie et c'est a la volonte, portee par la force de mes encouragements qu'elle rejoint le sommet ! Extenues mais ravis, tels Frodon Saquet et Sam Gabegie, nous voila au sommet du volcan du destin ! Et comme dans le Seigneur des Anneaux, le chemin du retour est bien plus facile, dopes que nous sommes par l'abondance d'oxygene des 4500m.

L'apres-midi (oui, les 7h d'ascension et descente du volcan n'ont constitue ce jour-la que la matinee), apres avoir echange nos trois japonais contre Luis, un colombien rigolo avec un chapeau vert, et Eneko, un basque en goguette, nous partons vers l'ile du Poisson en plein centre du Salar. Il s'agit d'une ile de corail sur laquelle poussent des cactus, le tout sur une veritable mer fossile. On se croirait dans un dessin anime, et encore une fois, les iles flottantes sur l'horizon (un esprit scientifique borne n'y verrait qu'un mirage) me rappellent One Piece. Nous passons la nuit dans un hotel de sel tout confort, qui change agreablement des matelas moisis de Tunupa !

Le troisieme jour, nous relions successivement le volcan Ollague, toujours actif et dont nous devinons quelques fumerolles sous sa couverture de nuages, quatre jolis petits lacs ou paissent de nombreux flamants roses et ou s'abreuvent des lamas sauvages, appeles vicunias, reputes pour leur douce laine, et un "arbre de pierre", c'est-a-dire un rocher dans une position assez incroyable, qui se trouve en plein coeur du desert de Siloni. Un peu avant que la nuit tombe, nous decouvrons la laguna Colorada, un lac aux eaux rouge vif, du fait des oxydes et des planctons specifiques qui s'y trouvent. Nuit a 4300m, avec un ciel etoile extraordinaire.


Quatrieme et dernier jour, reveilles a 4h30, nous partons en Jeep avant meme dejeuner, vers un site de geysers que nous decouvrons dans la lumiere du soleil levant. Atmosphere extraterrestre, ou plutot comme si nous etions a l'origine des temps, dans ce desert entoure de volcans, et avec ces geysers a grosses bulles qui fument et sentent le souffre. Une heure apres, nous nous arretons pres de sources chaudes pour une baignade brulante et salvatrice, qui precede un petit-dejeuner bien attendu. Notre trajet traverse ensuite un paysage desertique entoure de montagnes colorees autour desquelles tronent de nombreux blocs de pierres aux formes extravagantes. L'endroit est celebre pour avoir marque fortement Salvador Dali qui s'y rendit dans les annees 20 ou 30, et de nombreux paysages de ces tableaux sont inspires de ce lieu. Le terme de notre trajet est la laguna verde, un lac dont la coloration verte se fait un peu desirer, il manque de vent pour remuer les sediments (dont de l'arsenic qui explique l'abscence de flamants !), au pied d'un enieme volcan, toujours somptueux.

Nous laissons nos deux hollandaises a la frontiere chilienne, avant d'entreprendre un long trajet du retour, a travers ces paysages d'un autre temps, ou nous verrons aussi quelques petites tornades, de loin ! Le soir, enfin rentres a Uyuni, nous dinons avec Luis et Eneko, et puis au lit des 9h, car le bus pour Potosi nous attend le lendemain matin...

dimanche 22 novembre 2009

Budget argentin

Voila la rubrique budgetaire, pour ceux d'entre vous qui penseraient aller en Argentine, on sait que la question de l'argent est toujours tres importante. Alors voici ce que nous avons depense, a deux, dans l'idee que nous essayons de trouver des logements et transports bon marche, sans non plus utiliser de guide touristique, ni avec des plans incroyables ou foireux !

- Logement a Buenos Aires, chez Augustina, metro A. Gallardo sur la ligne rouge : 15 $us soit environ 60 pesos par nuit. (nous contacter si vous voulez dormir chez elle)

- Ticket de metro a Buenos Aires : 1.5 peso par personne.

- Ticket de bus a Buenos Aires : de 1 peso a 3 pesos par personne suivant la distance parcourue.

-Bus de Buenos Aires a Cordoba, 10h de nuit en semi-cama (ce sont des sieges un peu inclinables, mais pas tres luxueux) : 100 pesos par personne.

-Bus de Cordoba a Iguazu, 22h de trajet en cama (sieges un peu plus confortables) : 275 pesos par personne.

- Camping a Iguazu (royal malgre les moustiques) : 40 pesos par nuit.

- Entree au parc des chutes d'Iguazu : 60 pesos par personne.

- Bus de Iguazu a Salta, 23h en semi-cama : 225 pesos par personne.

- Hotel Zabala a Salta (petit-dejeuner, cuisine, chambre privee mais salle de bain partagee, pas tres classe mais avec une piscine salvatrice les apres-midi de grosse chaleur) : 55 pesos par nuit.

- Entree au musee de la haute montagne a Salta : 30 pesos par personne.

- Bus de Salta a Purmamarca, 4h en semi-cama : 39 pesos par personne.

- Hotel Pacha Mama a Purmamarca (chambre de 4 personnes sans petit-dejeuner) : 50 pesos par nuit.

- Bus de Purmamarca a Tilcara: 3 pesos par personne.

- Hotel la Albahaca a Tilcara (chambre privee, salle de bain partagee, petit-dejeuner) : 40 pesos par nuit.

- Bus de Tilcara a Iruya (sans confort) : 19 pesos par personne.

- Camping Iruya (pelouse magnifique sous de beaux arbres ) : 20 pesos par nuit.

- Bus de Iruya a Humahuaca (sans confort) : 14 pesos par personne.

- Bus de Humahuaca a La Quiaca (frontiere bolivienne avec Villazon) en semi-cama : 16 pesos par personne.

- Taux de change lors de notre voyage (octobre 2009) : 1 euro= 5.6 pesos, 1 $us= 3.85 pesos.

- Depenses totales: 5100 pesos = 900 euros = 1300 $us.

Les charades a tiroirs de l'Argentine

Il est plus que temps de rester fideles a notre réputation (je suis prof de math quand meme !) et d'envoyer sur notre blog une liste de jeux de mots, et quelle forme pour les jeux de mots serait meilleure que la charade a tiroirs ? Alors voici un petit flash-back argentin en cinq étapes.

Pour ceux qui ne connaissent pas les charades a tiroirs, voici un petit exemple anodin (copyright Jean-Claude Reynaud, professeur de math et de karate):

Charade exemple :

Mon premier ne sait pas ou il va.
Mon deuxieme distribue le courrier.
Mon troisieme ne rit pas jaune.
Mon quatrieme n'est pas rapide.

Mon tout a écrit "Les Misérables".

(Solutions de l'exemple en bas de page)

Voila les notres. On vous laisse mariner un peu et tenter vos reponses en commentaires avant de vous donner la solution : c'est normal, nous on en a bavé pour les trouver !


Charade 1 :

Mon premier regle le probleme de stationnement de votre véhicule.
Mon deuxieme vit d'amour, sans meme d'eau fraiche.
Mon troisieme sera omnipotent.
Mon quatrieme fait des trous dans les vetements.

Mon tout est la capitale de l'Argentine.

Charade 2 :

Mon premier ravive le feu.
Mon deuxieme s'entend rire de loin.
Mon troisieme fait comme Jérémie au mois de juillet (il change de coiffure !)

Jérémie s'est acheté son Sombrero Magico dans une boutique de mon tout.


Charade 3 :

Mon premier est un mauvais commercant.
Et toi, dieu des musulmans, mon deuxieme te vénere.
Mon troisieme fait des paris.

Les chutes de mon tout sont magnifiques.


Charade 4 :

Mon premier lui fait confiance.
Mon deuxieme est un barbier intime.

Mon tout est une belle cité au pied des Andes.


Charade 5 :

Mon premier ne dit pas "femme".
Mon deuxieme ne flotte pas.
Mon troisieme n'est pas bon marché.

Mon tout est un petit village situé au bout de 50km de piste depuis la quebrada de Humahuaca.

Solutions de la charade exemple :

Mon premier ne sait pas ou il va, c'est "vic", parce que "vicaire".
Mon deuxieme distribue le courrier, c'est "tor", parce que "torréfacteur".
Mon troisieme ne rit pas jaune, c'est "u", parce qu' "urinoir".
Mon quatrieme n'est pas rapide, c'est "go", parce que "goéland".

Mon tout, Victor Hugo, a ecrit "Les Miserables".

samedi 21 novembre 2009

OVNI de nuit


On avait partage une tortilla au quinoa, une milanese (escalope en espagnol) de poulet, du mais en epis et des crudites. La nuit etait tombee depuis deux bonnes heures. Nous etions rentres au camping preoccupes par le chien qui nous avait suivi toute la journee. Apres nous etre brosse les dents, Magali rentre a la tente et je m'arrete en plein champ pour prendre des photos d'etoiles. Nous etions a 2900m d'altitude, a Iruya, et le ciel s'annoncait splendide. En voyant le village devant moi, je me dis qu'il vaut bien une photo de nuit, avec ses lampadaires qui eclairent les collines. Je positionne tant bien que mal l'appareil sur un piquet de bois et prepare une longue pose de 10 secondes. Je declenche la pose et attend, les mains proches de l'appareil et moi bien concentre afin qu'il ne tombe pas. Jusque la, rien que de tres normal et l'appareil ne tombe pas. Par reflexe, je regarde le resultat de la photo sur l'ecran de l'appareil et un spot lumineux attire mon attention. Quel est le petit triangle lumineux entre les deux collines ? Je regarde entre les deux collines; la nuit est noire, sombre; il n'y a certainement aucun eclairage la bas. Un reflet peut-etre ? Je zoome sur l'ecran et decouvre cette forme etrange, comme une toupie inclinee, pointe verdatre et corps bleu. Ca ne ressemble pas a un reflet.

Retour a la tente, Magali ne me crois pas quand je lui dis que j'ai pris une photo d'extraterrestres, mais elle n'explique pas la tache. Les autres photos que je prends ce soir la sont normales, et je vais me coucher en revant a cette mysterieuse tache lumineuse. Etrange que sur une pose de 10s, elle ne se deplace pas. Le lendemain soir, apres que les lampadaires se soient allumes, je prends une photo temoin du lieu, ou l'on ne voit que deux collines brunes.

Alors franchement, j'aimerais votre avis, et je promets une bonne biere (ou la boisson de votre choix) des mon retour a celui ou celle d'entre vous qui m'expliquera ce qu'est cette tache lumineuse, autrement qu'en invocant les petits hommes verts. Les bleus ca m'etonnerait, j'imagine mal la gendarmerie nationale a Iruya !