mardi 5 janvier 2010

L'ocean Pacifique pour Noel

Nous voulions voir l'ocean Pacifique pour Noel. Il est apparu apres 3h de bus, rutilant comme une plaque d'etain, dans la lumiere de la fin d'apres-midi. Deux rabatteurs s'arrachent nos sacs et se disputent nos faveurs. On en choisit un au hasard, qui nous amene a un hotel avec vue sur la mer. La chambre coute 60 sols la nuit, soit 3 fois le prix que nous mettons d'ordinaire pour le logement. Mais la lumiere et le vent jouent dans les rideaux et rendent l'endroit terriblement seduisant. Nous restons : apres tout, c'est Noel !

Le 24 a 8h, nous embarquons sur un petit bateau a moteur nerveux. Le ciel s'est voile, assorti au gris souris de la mer. Un premier arret nous permet d'admirer le candelabre, encore un incroyable dessin d'une cinquantaine de metres de longueur. Les vents, pourtant violents au point d'etre surnommes "pluies de sable", n'ont pas reussi a eroder ce dessin creuse a meme la roche. Plus loin, ce sont les iles Ballestas.

Notre guide qui, avec un bagou inimitable, fait les commentaires en espagnol, francais et anglais, explique que ce nom viendrait du francais "arbalete". Quel est donc le geant qui a joue de son arbalete sur ces iles pour les percer de larges arches ? Sur les roches brunes, des otaries se prelassent : chatain pour les paresseuses, noir pour les courageuses encore mouillees de leur baignade. On en voit se gratter le nez avec leur nageoire arriere, une autre, tousser avec force postillons, un male imbu de sa personne, une femelle enceinte, ronde comme un tonneau.

Cote plumes et becs, on est servi aussi, avec des pingouins etonnamment agiles sur les empilement de rochers, des pelicans au vol lourd, frolant l'eau de leurs ailes, des cormorans par colonies entieres, puant le guano. En parlant de guano, le guide nous raconte qu'au XIXeme siecle, des esclaves chinois passaient des mois entiers sur ces iles pour le recolter, mais cet or blanc qui fertilise les champs degage une telle puanteur que les suicides etaient frequents. Aujourd'hui, le ramassage du guano ne se fait plus que tous les quatre ans. Derniere surprise avant de regagner le port : une myriade de bestioles rouge vif dans l'eau. C'est du krill, le regal des baleines !

Pour le reveillon, nous profitons d'etre au bord de l'ocean pour deguster des fruits de mer. Du poulpe plus precisement, delicieusement grille. On a un peu le blues en pensant au froid Noel francais, avec les cadeaux au pied du sapin et le repas gargantuesque. Mais bon ! On se promene en tee-shirt et sandales, ce n'est pas si mal. Et puis le pere Noel, qui s'appelle ici "papa Noel" (sic), nous met malicieusement des chocolats dans les sandales, delicieux cadeau !

Le 25, tout est ferme, meme le distributeur de billet le plus proche. Alors avant de prendre notre bus pour Lima, nous longeons la cote a pied pendant un long moment. De riches maisons, souvent des caprices d'architectes, attendent d'etre rouvertes. Tout est vide. Seule la mer et les palmiers qui bruissent, au dessus des pelouses trop vertes, mettent un peu d'an
imation. Nous rencontrons tout de meme un retraite chilien, qui nous dit que la plupart de ces proprietes ont ete achetees par des europeens qui ne viennent que 6 mois par an. Les terrains en friche laissent deviner le desert, qui reprend ses droits au dela de la route. La derniere construction de cette cote, c'est l'hotel Hilton, un bunker gris ou viennent se refugier les riches en mal de depaysement. Nous y entrons avec nos gros sacs, sous l'oeil bienveillant mais vigilant du portier en manteau long, pour retirer des sous au distributeur. Plus tard, prendre le bus pour Lima nous donne l'impression de monter dans une navette qui quiterait la lune...

1 commentaire:

  1. Merci d'avoir trinqué à ma santé quelque part en Bolivie ;-)) Promis, je vous dédie mon prochain Kir. Bises à vous 2

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